Lys blanc.C’est quoi vieillir pour moi?
Qu’est-ce que je sens à 65 ans?
Des tensions dans mon cou!
Le ventre serré!
Cette thématique m’émeut.
Je sens la peur :
Écrire sur mon vieillissement,
M’exprimer sans me cacher.
Peur de dévoiler mon humanité vieillissante,
Mes bobos.
Consciente!
Vulnérable!
Ne devrais-je être parfaite?
Moi qui enseigne le mieux-être.
La pression du modèle,
Ça freine mon écriture.
La vérité, toute la vérité, je vous le jure.
Je me juge, je me juge!
Super-égo, je te vois!
Mon genou résiste.
Où est ma fluidité, l’anguille en moi,
Le ver de terre vertébral?
De spinale, me voilà chaotique.
Me déplier, l’épreuve le matin.
Ô mon sol comme tu me manques
Je descends les marches, les chevilles dures
Dans le sous-sol encore sombre
Je retrouve mon support.
Tapis multicolore
Je rassemble mes balles.
Déjà mon corps réclame.
La rouille veut se défaire.
Je m’allonge.
Mon corps, un tronc de vigne noué.
Le dépôt est partiel,
Témoins de mes morceaux raccourcis.
Mes mains sur mon ventre,
Enfin, je respire.
Je fais corps avec le sol.
Je m’abandonne à la gravité.
Balles et ballons, mes amis.
Je me déplie.
La poussière s’efface.
L’eau coule à nouveau en moi
Je m’étire, je m’enroule
Telle une méduse
Entre expansion et rétraction,
Je reprends la conquête de moi-même
Je me retrouve,
À l’aube de mes 65 ans
Imparfaite,
Je m’habite.