Je vais bientôt lancer officiellement mon blogue et mon groupe Vieillir sans rétrécir. À cette occasion, je souhaitais partager avec vous sur quoi repose ma recherche et mon enseignement destinés à ceux qui souhaitent « vieillir sans rétrécir ».

Vieillir une réalité !

Couple âgé se regardant avec amour-Claudie Pfeifer.Les différents stress de notre vie marquent notre corps causant des rétrécissements qui risquent d’affecter notre mobilité et notre vitalité avec le risque d’altération de la perception de soi.

Le vieillissement transforme tous nos systèmes. Les capacités de régulation de la posture sont progressivement perturbées. Les réponses hormonales au stress mettent plus de temps à revenir à la normale.

Vieillir a des conséquences sur la flexibilité musculaire, la motricité globale, la coordination, la force, l’endurance et la dynamique vitale. Notre système vestibulaire se modifie et peut influencer notre équilibre. Les informations sensori-motrices mettent plus de temps à être traitées par notre cerveau. Vous connaissez cet adage use it or loose it, qui fait allusion au fait que moins on va bouger dans la vie de tous les jours et plus on va perdre notre fonctionnalité et moins les capteurs de l’équilibre sont sollicités.

Il est donc important d’en prendre conscience et de nous accueillir dans ces transitions et ces transformations avec compassion.

Une réalité hétérogène

Évidemment, nous ne vieillissons pas tous de la même manière et c’est tant mieux. Cela dépend de notre hérédité, de nos habitudes. Nous avons des histoires de vie et des expériences par rapport au mouvement qui diffèrent. Toutes les transformations se font à des rythmes différents. Le vieillissement dépend de chaque individu, aussi bien dans la perception de soi que dans la façon d’intérioriser ou de résister aux stéréotypes véhiculés par la société à propos du corps vieillissant.

La perception des changements corporels varie selon notre vision personnelle et sociétale du vieillissement.

Certains se sentiront vieux à cinquante ans. D’autres se sentiront fringant et actif à soixante-dix ans ou plus.

La vision normative d’un corps qui doit rester jeune et en santé influence la perception de soi. Les modèles du corps parfait nous maintient dans une image parfaite, extérieure à soi pour laquelle il faut faire de nombreux efforts pour se conformer.  De nombreuses femmes vont consacrer beaucoup d’énergie à maintenir l’apparence de la jeunesse. C’est une tendance qui gagne les hommes aussi. Et c’est toute une industrie qui influence cette vision et qui en profite.

La vision sociétale repose sur les valeurs du « no pain no gain ». Autrement dit, pour réussir, il faut se dépasser sans cesse et pousser sur soi pour avancer. Sans nier le plaisir de réussir des défis, ce dépassement exige des forces qui ne sont plus au rendez-vous avec la même efficacité lorsque nous vieillissons.  Rappelons que deux visions du vieillissement s’opposent : la vision déterministe et la vision développentale.  La vision déterministe repose sur des valeurs âgistes, soit des stéréoptypes négatifs à propos de l’âge. Cette vision porte un regard négatif sur le vieillissement, se concentre sur les pertes avec une perception de cette étape de la vie comme une maladie incurable. Cette vision est très puissante dans l’inconscient collectif. Les discours normatifs qu’elle engendre, colorent la façon dont le corps est perçu et peut affecter le regard que nous portons sur nous-mêmes et avec des conséquences sur l’estime de soi. Le rétrécissement peut devenir synonyme de perte, d’échec, de honte et d’exclusion sociale. Cette vision nuit à l’accueil de ce processus de transformation personnelle lorsque l’on vieillit.

À l’inverse, la vision développentale repose sur des valeurs opposées : quel que soit notre âge, nous pouvons toujours apprendre à changer, développer de nouvelles habitudes diminuer les effets de ce rétrécissement et parfois le rendre réversible pour continuer à mordre dans la vie.

Cette vision développentale dans laquelle je me situe, s’appuie sur le concept de vieillissement réussi (Rowe et Kahn,1987; Baltes et Baltes, 1990; Bouffard et Dubé ,2010) qui reconnaît la possibilité d’un développement malgré la fragilisation et un ralentissement physique.

Vieillir est un processus qui commencerait dès la naissance. Par exemple, la peau commence à changer à partir de 10 ans. Les disques intervertébraux commencent le processus de dégénérescence à partir de 20 ans. Par contre, le sens du toucher reste intact jusqu’à la fin de la vie.

De plus, notre interaction avec notre nos habitudes et notre milieu de vie vont influencer notre façon d’être au monde. Les premières découvertes sur la neuro-plasticité de l’anatomiste Marian Diamond en 1967 ont démontré qu’un environnement enrichi ou appauvri, de l’embryon jusqu’au grand âge, va influencer le fonctionnement de notre cerveau.

Ces recherches en neuro-sciences ont complètement changé la compréhension du fonctionnement du cerveau en démontrant que notre cerveau est plastique, soit capable de réorganiser ses connexions en fonction de notre expérience. Ce qui a été appris et nous a limité, peut être désappris au profit de nouveaux apprentissages libérateurs.

Notre façon de vivre, notre façon de penser a créé des habitudes. Certaines seront utiles, d’autres vont être l’origine de limitations.

« Vieillir sans rétrécir » propose la voie de l’éducation somatique pour avoir la curiosité, le courage et la volonté de prendre conscience de nos habitudes et de leurs actions limitantes avec bienveillance. L’expérience des micromouvements en douceur devient l’opportunité d’apprendre de nouveaux mouvements dans le respect de soi. Toute nouvelle expérience va créer des nouvelles connexions neuronales et enrichir notre mobilité avec gain dans l’estime de soi et le sentiment de liberté. Les possibilités deviennent alors infinies.  Et cela jusqu’à la fin de notre vie.

Et vous qu’en pensez-vous ? Je suis curieuse de lire vos commentaires !!!

Claudie